Acier ou aluminium : le bon matériau dépend de la vitesse.
L'aluminium est plus léger que l'acier, mais pas trois fois, comme on l'entend souvent. En réalité, on gagne environ 35 à 45 % sur un grand navire. Ce qui compte vraiment : le poids ne coûte pas la même chose selon la vitesse.
Les vitesses ci-dessous sont des ordres de grandeur, pas des seuils. Tout dépend de la taille, de la carène et de la charge.
Coque à déplacement, environ 10 à 15 nœuds
La coque reste enfoncée et écarte l'eau. Elle ne se soulève jamais. Le poids est presque indolore : 20 % de déplacement en plus, c'est environ 12 % de consommation en plus. Il apporte même des avantages : tenue de mer, moins de roulis, plus de soutes. C'est le régime favorable à l'acier, et le seul où le composite, l'aluminium et l'acier restent tous valables.
Coque semi-déplacement, environ 16 à 22 nœuds
La carène est plus plate à l'arrière. Le bateau se soulève un peu sans vraiment planer. Le poids se paie : 20 % de déplacement en plus, c'est environ 25 % de consommation en plus, ou 2 à 3 nœuds perdus. C'est une zone d'arbitrage : l'acier se défend dans le bas de la fourchette, l'aluminium s'impose dès que la vitesse compte.
Coque planante, au-delà de 22 à 25 nœuds
Fond en V, tableau large. L'eau soulève le bateau, qui glisse au lieu de traverser. Chaque kilo se paie plein tarif. Ici, c'est aluminium ou composite : l'acier est absent de ce segment en yachting.
À retenir
D'autres facteurs entrent dans le choix entre acier et aluminium : le coût, la solidité et l'entretien à long terme.
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